L’apport en fer chez le veau : un problème sous-estimé dans l’élevage au lait entier

5. März 2026 — Immunisation, alimentation des veaux#Apport en fer #Gestion des naissances #santé des veaux #Lait entier
Les avis divergent quant à l’apport en fer chez les veaux. Une « conclusion intermédiaire » !

Dans l’élevage des veaux, l’apport en colostrum, l’hygiène et le bilan énergétique font généralement partie intégrante de la gestion. Cependant, un nutriment est souvent négligé : le fer. Or, ce sujet est particulièrement important au cours des premières semaines de vie, car le fer influence non seulement la formation du sang, mais peut également affecter la résistance et le développement des jeunes veaux.

Le cœur du problème est facile à expliquer : le lait entier de vache est naturellement pauvre en fer. Lorsque les veaux sont nourris principalement au lait entier pendant une longue période et ne consomment que peu d’aliments solides, leur apport en fer peut être insuffisant, souvent sans symptômes « dramatiques » immédiatement visibles.

Pourquoi une carence en fer survient-elle si facilement au cours des premières semaines de vie ?

Le fer joue un rôle central dans la formation de l’hémoglobine et est donc essentiel au transport de l’oxygène. Les jeunes veaux grandissent rapidement, développent leur volume sanguin et mettent en place leur métabolisme et leur système immunitaire. Les besoins quotidiens en fer des veaux sont de 100 mg. Cependant, l’apport en fer provenant uniquement du lait entier n’est pas suffisant, car celui-ci ne contient qu’environ 0,5 mg par litre. Même en consommant 10 à 15 litres de lait par jour, le veau ne reçoit donc que 5 à 8 mg de fer par jour. Cela correspond à moins de 10 % de ses besoins !

Important : tous les veaux ne développent pas nécessairement une maladie clinique. On observe plus souvent une carence subclinique, qui peut se traduire par une vitalité plus faible, une composition plus hétérogène du groupe ou un ralentissement du développement.

Quelles peuvent être les conséquences d’une carence ?

La conséquence classique est une anémie ferriprive, mesurable à partir des taux d’hémoglobine ou d’hématocrite. Cependant, même en l’absence d’anémie prononcée, un taux de fer trop bas peut avoir un effet limitant lorsque les veaux sont déjà stressés (par ex.en raison d’un changement d’étable, de phases de diarrhée ou de changements dans leur alimentation).

Une étude de terrain à grande échelle [1] menée au Royaume-Uni sur des veaux nourris au lait entier a montré qu’une injection de fer-dextran était associée à des taux d’hémoglobine plus élevés et, en moyenne à de meilleurs gains de poids quotidiens au cours des premières semaines de vie. Ceci est particulièrement pertinent pour les exploitations qui utilisent le lait entier comme alimentation économiquement attrayante et souhaitent garantir un élevage stable et prévisible.

[1] Allan, J.; Plate, P.; Van Winden, S. (2020). The Effect of Iron Dextran Injection on Daily Weight Gain and Haemoglobin Values in Whole Milk Fed Calves. Animals 10(5):853.

Cas pratique au Canada

Récemment, nous avons nous-mêmes été confrontés à des difficultés chez un client au Canada. Les taux de consommation du CalfExpert étaient faibles et l’état de santé général des veaux n’était pas optimal. Après avoir essayé sans succès de nombreuses autres mesures, le client a administré une injection de fer aux veaux et, en l’espace de deux jours, ceux-ci étaient transformés.

La capture d’écran de l’aperçu du D.A.L. CalfExpert montre clairement les éléments suivants : l’injection de fer a été effectuée le 09.01 et dès le 11.01, les veaux buvaient 2 litres de plus (quantités bues (consommées) – deuxième ligne). En même temps, le nombre d’« interruptions de visite » (première valeur de la dernière ligne) a considérablement diminué.

Nouvelle hypothèse : pas de fer pour le veau

Néanmoins, de plus en plus d’experts affirment qu’il convient de considérer d’un œil critique l’enrichissement du lait entier en suppléments de fer, car les germes pathogènes auraient besoin de fer pour se développer. Un apport élevé et précoce en fer favoriserait leur développement et pourrait ainsi provoquer des diarrhées.

Ces diarrhées peuvent également être provoquées par l’augmentation de l’osmolalité du lait entier due à l’ajout de minéraux par le fortifiant. Pour en savoir plus, veuillez consulter le blog Holm & Laue.

Que faire alors ? Administration de fer : oui ou non ?

La stratégie la plus efficace est une prophylaxie adaptée au système de buvée. Des études internationales comparent les voies d’administration orale et parentérale (contournement du tractus gastro-intestinal, par exemple par injection). Les deux peuvent améliorer les valeurs sanguines, mais la sécurité de mise en œuvre est déterminante. En cas de carence confirmée, une supplémentation ciblée peut être très utile, mais il est important de respecter le dosage correct. En effet, le dosage précis est aussi important que difficile, en particulier pour les compléments alimentaires destinés au lait entier.

Dans la pratique, une triple approche a fait ses preuves :
  • Intégrer l’apport en fer dans le concept du lait entier (ne pas attendre que des problèmes surviennent pour agir).
  • En option, envisager un apport unique en fer sous forme de pâte orale ou d’injection pour enrichir le lait entier.
  • Encourager une consommation précoce et stable d’aliments solides, car ceux-ci contiennent suffisamment de fer.

Conclusion : le fer est un petit élément constitutif aux effets variés.

L’apport en fer n’est pas un sujet particulier à traiter au cas par cas, mais un point de gestion à prendre en compte dans les exploitations pratiquant l’alimentation au lait entier, car un apport insuffisant peut rapidement devenir un problème. La nécessité d’un supplément en fer dépend de l’état de santé général des veaux.

Il convient toutefois de prêter attention aux risques liés à l’utilisation sans précaution de suppléments en fer dans le lait entier, car un apport excessif peut provoquer des problèmes de diarrhée.

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